Apologie pour l'histoire continue ou les carnets d'un médiéviste

Photo aléatoire choisie par Zid

décembre 2012

La révolution souterraine des Digital Humanities. (1) Pour une refondation de la critique des sources.

L'apport des digital humanities aux disciplines de sciences humaines est encore largement sous-estimé. Envisagées comme outil, les technologies du numérique sont souvent envisagées avant tout comme outil, destinées à mettre en valeur, clarifier, publier, interroger les sources plus ou moins anciennes. Mais on n'a pas encore suffisamment souligné le rôle de créateur de données des technologies du numérique. Ce rôle en est d'ailleurs à ses débuts, il se décline de multiples façons, suivant une évolution des processus de création des données au fil de la construction du web. Je voudrais consacrer les prochaines notes à la description de ces différents processus.

Il convient d'abord de distinguer, de manière purement artificielle, les documents des données. Cette distinction, je ne l'ai pas inventée: elle est maîtrisée par les spécialistes du web de données. Mais je remarque qu'elle n'est pas du tout répandue chez les historiens (en tout cas ceux que je connais), qui confondent souvent document et donnée ou qui se focalisent sur le document. C'est cependant une distinction opératoire et nécessaire.

Par documents, j'entends les « sources primaires » mais aussi les « sources secondaires », tout document produit et structuré par l'homme. Le document, c'est la source de l'historien, de l'historien de l'art, de l'archéologue, créée en un temps T et découverte par le scientifique.

Lire la suite

Par zid dans Diplomatique du web 8 décembre 2012 00:20:04
Aucun commentaire Ajouter un commentaire

Changements

Les changements de cap sont toujours délicats. Tout motocycliste sait qu'un carrefour, un rond-point est souvent couvert d'huile, de diesel, de graviers et gravillons : mal négocié, trop vite abordé, c'est la chute, sans pardon.

Il y a quelques mois, j'ai pris une des décisions les plus importantes de ma vie professionnelle : je me suis engagé dans la vie universitaire. Après une douzaine d'années passée au service de la recherche fondamentale au CNRS, j'ai demandé, obtenu et accepté la mission d'enseignant à l'université.  Depuis déjà quelques années, je sentais monter au fond de moi, de plus en plus nettement, fortement, irrépressiblement, le besoin de dire ce que je sais et ce que je ne sais pas. Être chercheur ne me suffisait plus, il me fallait agir. Je me suis engagé dans la direction d'opérations, d'équipes, de projets, de labos même : toujours par soif d'agir, de dire, de construire. J'y ai pris grand plaisir et je n'en suis pas sorti. C'est bien ainsi.

Cette marée de responsabilités, montant au galop, m'éloignait du rivage, du solide matériau de la recherche, des hommes des temps anciens. Elle me poussa au large, dans la tourmente des tempêtes administratives et financières, là où les éclairs blessent plus qu'ils n'illuminent votre ciel intellectuel.  Tristement, j'ai fermé la porte du blog, j'ai tenté de laisser entr'ouverte le portail de la

Lire la suite

Par zid dans Mes histoires de médiéviste 24 décembre 2012 12:10:14
Aucun commentaire Ajouter un commentaire

Catégories

Archives

A propos