Apologie pour l'histoire continue ou les carnets d'un médiéviste

Photo aléatoire choisie par Zid

novembre 2006

Apprendre le « métier d’historien »

Plusieurs semaines de silence, certes, mais bien occupées. Les pages de ce blog ne sont pas restées sans visiteur d’ailleurs, et deux ou trois commentaires à mes dernières notes m’amènent à réagir, comme il se doit. Certes, je n’ai pas été de main morte dans cette note sur l’histoire et les amateurs. Coup de gueule face non pas aux sites eux-mêmes, mais plutôt à la publicité que l’on en a fait, sur France Culture, sur MediaTIC : ces derniers medias, pensais-je (naïvement ?), sont censés être tenus par des spécialistes qui ont le conseil soigné, fouillé. Il y a de bons spécialistes à France Culture, j’en suis certain, comme il y en a sur MediaTIC, je pense (j’espère). Mais sont-ce des spécialistes, ceux qui ont loué les qualités ineffables des deux sites que j’ai moi-même portraiturés? Comme je le disais, si je pense qu’il est bon que l’histoire plaise et soit rédigée par des amateurs, je considère comme inacceptable que l’on confonde les genres et que l’on encense comme « du vrai moyen âge » celui mis en scène par une volée de cabotins qui cherchent d’abord à s’amuser.

Soit. On me demande : « dites-nous quoi lire », avec un petit sourire au coin de la bouche, car vous savez hélas que je n’aurai pas le temps ou le courage de répondre à toutes ces demandes pour savoir « quoi lire ». Et pourtant, elles sont bien légitimes, ces demandes. Alors je vais faire mieux qu’y répondre ponctuellement. Je

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Jonathan Littell le véridique

Une première note de critique, comme promis !

Il est de bon ton, dans les milieux autorisés, d’encenser (ou de descendre en flammes) le prodige de la rentrée littéraire tout goncourisé, Jonathan Littell et ses « bienveillantes ». Soit, un récit de plus usant du cadre de la Shoah et mettant en scène, nécessairement, un monstre nazi, un bourreau. Soit, soit. Un roman de plus. Ce qui me chauffe/m’échauffe les sangs: les trémolos avec lesquels on commente le récit, la façon dont le public reçoit (ou se fait imposer) l’ouvrage : comme un document historique. Comme si la fiction acquérait un faciès véridique et une odeur authentique1.

Voilà bien une erreur critique fondamentale ; les genres sont ici confondus. Littell est né en 1967, il n’est pas historien et ce n’est pas un livre d’histoire qu’il a écrit, il s’en défend d’ailleurs. C’est un roman. Et rien d’autre.

Le climat des horreurs nazies, vous le lirez dans les livres des témoins de l’époque – je viens de terminer du Jorge Semprun : son œuvre est imbibée de ce climat parce qu’il « a fait » Buchenwald. C’est un témoin : sa parole doit être entendue et doit porter, mais on doit la critiquer ; chacun sait que la parole des témoins doit passer au tamis de la critique historique, que ce soit parce que le témoin a pu déformer volontairement ou inconsciemment ce qu’il a vu, que sa mémoire fait défaut, qu’il a pu être influencé par des textes ou des

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Par zid dans Notes de critique historique 17 novembre 2006 01:43:12
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