Apologie pour l'histoire continue ou les carnets d'un médiéviste

Photo aléatoire choisie par Zid

mai 2006

« Personne n’en sortira »

Hans Hellmut Kirst est un écrivain allemand dit « populaire », presque totalement tombé dans l’oubli. Ancien soldat « dénazifié » en 1945, il commit une série d’ouvrages dans les années ‘50, montrant les côtés vains et dérisoires de la guerre. Il publia notamment « la nuit des généraux », qui sortit au cinéma et connut un grand succès. Parmi ses autres ouvrages aujourd’hui oubliés, « Personne n’en sortira » (« Keiner kommt davon »), une étonnante tragédie, publiée en 1957 (traduction française en 1958), en pleine guerre froide, bien avant l’érection du mur, mais un an à peine après une série de troubles graves en Hongrie, suvie d’une intervention soviétique (faits tragiques dont l’auteur s’inspire). La fin du monde y est décrite en style journalistique, en six chapitres pour sept journées, le sixième chapitre se terminant par ces mots : « Ainsi se termina le sixième jour. L’Europe ne vit pas le septième. Les heures de l’humanité étaient comptées ». La création comme la fin du monde prendraient donc sept jours.

A l’origine, des manifestations réprimées dans le sang à l’Est ; à la fin une guerre atomique réduisant en cendres l’Europe toute entière. Il traduit étonnamment cette terrible angoisse de la destruction totale qui plana au-dessus du monde durant une quarantaine d’années après la seconde guerre mondiale. La lecture de ce livre donne froid dans le dos : l’auteur alterne

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Par zid dans Continuités et ruptures d'Histoire 8 mai 2006 14:46:36
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Enseigner

Tout chercheur devrait enseigner, fût-ce quelques heures par an. J’ai la grande chance de pouvoir dispenser quelques cours à la fac, une très agréable fac de province, à l’ambiance presque familiale… J’y dis ma recherche, je livre mes résultats à l’épreuve des étudiants, je prends du recul par rapport à mes thématiques ultra-spécialisées, je retrouve le contexte, le cadre, les lignes de faîte qu’il ne faudrait jamais oublier lorsqu’on plonge dans les abysses des fonds d’archives… Le plaisir du contact avec les étudiants aussi, leur enthousiasme parfois…

Et le jeu de l’enseignement, qui n’est cependant pas qu’une partie de plaisir : fini, le temps ronronnant où le professeur impressionnant de tout puissance déversait un tombereau de cours préparé vingt ans auparavant, avec un ton monocorde et distant, ex cathedra, à un parterre clairsemé d’étudiants pétrifiés de respect ou de terreur, parfois les deux… Maintenant, c’est un jeu parfois, une lutte souvent, un défi toujours : emporter l’auditoire qui bouge comme une houle atlantique, y jeter l’huile de l’enthousiasme et de la force de persuasion pour apaiser les vagues et faire entendre sa voix !

Oh, j’ai de la chance, mes auditoires ne dépassent guère la trentaine d’étudiants et je sais que maîtriser une salle surchauffée de plusieurs centaines de têtes à faire, ce n’est pas la même partie de plaisir ! Mais, il n’empêche, je ne le boude pas, ce

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Par zid dans Mes histoires de médiéviste 8 mai 2006 14:48:40
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Gargouilles

Image1

Une belle gargouille (un peu floue, je le concède) de la toute fin du Moyen Âge, au château de Blois, une parmi d’autres. Elles y sont exposées, accrochées à hauteur d’homme et ainsi plus impressionnantes que jamais ! Marchands, usuriers, mauvais clercs, démons, mégères… : tous avec la bouche immense, déformée, comme pour avaler les passants ! Comme figés dans leur pose obscène, condamnés pour l’éternité à cracher l’eau tombée du ciel pour éviter qu’elle ne souille les murs des temples : une terrible et infernale punition pour les suppôts de Satan…

Par zid dans Continuités et ruptures d'Histoire 8 mai 2006 14:52:56
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