Apologie pour l'histoire continue ou les carnets d'un médiéviste

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Plaisir

Quelques semaines de silence depuis mes dernières notes: cela ne devrait étonner personne, cela fait des années que cela dure.

L'envie d'écrire me tenaille, dans tous les cas. Mais la vie réelle, comme ils disent - comme si cette vie d'écriture-ci n'était pas aussi réelle?? - m'a happé.

J’ai déjà annoncé au petit monde des lecteurs qui m'honore de temps à autre de son regard critique que j'avais changé de vie, ces derniers mois.

Qu'à cela ne tienne, je vous ressers la même soupe, mais avec quelques mois de vie de plus: je suis donc professeur dans une ancienne mais jeune grande université d'un petit pays, depuis quelques mois, huit pour être précis. J'ai changé de vie, donc. Je continue le parcours frénétique que j'ai entrepris voici une quinzaine d'années. Frénétique car jamais je n'ai voulu m'accorder un temps de repos ou de lente maturation. Je ne suis pas un contemplatif, assurément. Ou plutôt si, je le suis, mais en bon historien (donc schizophrène1), je conjoins hyperactivité et contemplation.

Je suis donc professeur d'histoire médiévale.

J'ai donc laissé la Grande Maison dans laquelle j'avais oeuvré durant douze ans à faire de la recherche et de l'administration de la recherche, pour enseigner ce que je sais et ce que je voudrais savoir, pour aider les étudiants à se lancer à corps perdu dans cette passion de l'Autre d'avant. J'adore ce genre de défi. Car rien n'est acquis. Un chercheur isolé dans sa bulle d'or peut-il devenir un bon enseignant? Je ne sais pas encore si je le suis, mais je suis heureux du regard que me portent les étudiants et les enseignants. On dirait que quelque chose est passé. On dirait qu'on s'est compris. On dirait qu'on s'est adoptés, apprivoisés. C'est un sentiment difficile à comprendre, quand après des semaines, des mois de travail acharné, je me suis rendu compte -et eux aussi- que les travaux que nous avions commencés ensemble avaient abouti au-delà de toutes mes espérances. Nous avons tous progressé au fil des TP, du "séminaire". En quelques semaines, tout est devenu clair. Nous sommes donc du même sang.

Notes

1Car un historien, comme tout "créatif", ne peut être que schizophrène ou paranoïaque.
Par zid dans Mes histoires de médiéviste 27 avril 2013 23:58:42
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