Apologie pour l'histoire continue ou les carnets d'un médiéviste

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Florence en direct

En direct de l'unique accès web de l'hôtel B.., via Guelfa.

Passage éclair à Florence. Train de nuit, supplice à partir de Bercy, gare sinistre, qui ressemble à un hall d'école. Là, au départ, horreur devant mon compartiment, puant comme il se doit: trois personnes et un amas de bagages. Deux vieux italiens charmants qui avaient tenté le train de nuit, avec l'espoir fou que ça serait plus facile et moins cher. Evidemment ça ne l'est pas. Heureusement, c'est l'Italie à Paris: un peu de marchandage avec le chef de wagon, un petit bakchich et les voila dans un joli compartiment à deux tous seuls! Et je me retrouve avec une jeune avocate américaine qui cause, qui cause, qui cause, sauvagement pro-Obama.

Arrivée au petit matin, ciel bleu, odeurs florentines, senteurs de cuccina et de pasticceria, la bonne humeur revient, un petit espresso, une mauvaise pizza qui devait être quattro formagi mais m'a semblé fourrée au vache-qui-rit, du pinard à trouer la table: Florence est une ville à touristes avant tout. Bah, l'esprit un peu embrumé fait voir la vie plus légère.

Puis la montée aux cieux, je veux dire la Certosa di Galluzo, centre italien pour spécialistes des textes médiévaux, coincé au dernier rang des sièges supplémentaires d'un petit taxi monospace, les genoux collés sur le siège de devant, à la manière de Rascar Capac. La Chartreuse de Galluzo, le saint des saints des textes latins médiévaux italiens. Là une volée de patrons d'instituts de recherche sur le texte ancien/médiéval (ou de responsables commissionnés -j'en étais donc-) se sont retrouvés pour faire l'Europe des textes médiévaux, autour d'un responsable de l'ESF.

Premier jour: il faut convaincre et surtout se convaincre: en veut-on, de l'Europe des textes médiévaux? Et tous d'une seule voix, certains plus couinants que d'autres: oui, nous le voulons. Ca n'a l'air de rien, mais la ferveur, la frénésie avec laquelle tous le demandent montrent que la prise de conscience est réelle. On se rend compte que « es muss sein », qu'on a l'air cons de continuer à oeuvrer chacun dans notre coin, qu'on peut être mille fois plus efficace ensemble que tout seul... peut-être se dit-on aussi qu'on disparaîtra si on poursuit le cavalier seul... "C'est la première fois que des instituts de recherche sur le texte discutent ensemble"... La griserie du Chianti de qualité n'est pas seule en cause: je sens que les choses avancent. Let's roll, comme disait l'autre..    Fin de la journée, suite demain, si j'y arrive!

Par zid dans Mes histoires de médiéviste 23 septembre 2008 23:34:52
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