Apologie pour l'histoire continue ou les carnets d'un médiéviste

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L'anthropologie à  nouveaux (On)frais

Visite au musée du quai Branly ce week end. Muséographie intéressante, qui sort des cadres traditionnels, sans toutefois éviter l'écueil des amas d'objets entassés dans des vitrines. Néanmoins, les expositions présentées sont passionnantes. Elles donnent ce fil conducteur qui manque aux collections amoncelées: celle intitulée « qu'est-ce qu'un corps » permet de comprendre le travail des anthropologues face aux différentes méga-aires culturelles: les perceptions de ce qu'est le corps humain par les Africains, des tribus amazoniennes ou de Nouvelle-Guinée ou encore des sociétés occidentales. Une approche comparatiste qui permet au visiteur occidental de mettre en relief de manière magistrale les culs-de-sac intellectuels dans lesquels notre société s'est engouffrée avec une naïveté déconcertante. Ainsi, le corps peut être conçu au travers du regard de l'autre, par le biais du concept « dévoreur-dévoré » tel que l'envisagent certaines tribus amazoniennes -on apparaît au regard de l'être plus faible comme un prédateur (le jaguar, par exemple), tandis qu'on apparaît soi-même comme « animal à dévorer » (un oiseau...) au regard de l' « être prédateur » dont on est la proie. Entre individus du même niveau, on se reconnait comme des hommes. Un superbe système intellectuel qui nous éloigne bien des poncifs du primitivisme, mais aussi des naïvetés égocentriques du genre de l'hédonisme à la Onfray. Décidément, l'Europe occidentale a encore beaucoup à apprendre: ce genre de musée nous y invite.

Par zid dans Continuités et ruptures d'Histoire 29 août 2007 20:40:25
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