Apologie pour l'histoire continue ou les carnets d'un médiéviste

Photo aléatoire choisie par Zid

La danse des cinq voiles

Une chaîne, pas dorée mais amusante, qui circule dans un certain monde des blogs et qui m’arrive par Manue. Selon les principes définis à l’avance, je dois vous livrer cinq choses me concernant que je ne vous ai pas encore dévoilées. Je m’exécute.

  1. J’aime le risque, les coups de dés, le jeu sur le fil du rasoir. Souvent ce sont des risques calculés, de plus en plus d’ailleurs, mais il y a quelques années ils étaient plus chaotiques et il arrivait souvent, dans mes figures acrobatiques, que j’encadre la planète (comme dirait Buck Danny –à moins que ce ne soient Tanguy et Laverdure, je ne me souviens plus trop). C’est ainsi que mes premières années de conduite automobile sont jonchées de cadavres de voitures –je précise que je ne faisais le casse-cou qu’en rase-campagne, tout seul (mais n’est pas Sébastien Loeb qui veut…).

  2. Je ne suis jamais devenu un grand pilote, probablement parce que je ne suis pas doué du point de vue coordination des mouvements, psychomotricité comme on dit. En d’autres mots : on ne voulait pas de moi dans les équipes de foot à la récréation en primaire comme en secondaire. Je n’ai, je pense, marqué qu’un seul but durant mes dix-huit premières années, c’était en dernière année de primaire : un de mes rares moments sportifs glorieux. D’où une aversion réelle pour les sports d’équipe. Sauf à la télévision et dans certains cas précis, notamment le mondial 1990 que j’ai suivi avec des amis et des casiers de Jupiler vidés consciencieusement : un grand souvenir de fac.

  3. Jupiler, mais surtout Orval : en la matière, c’est LA bière des vrais médiévistes qui savent. Je suis plutôt épicurien –j’ai bien arrêté de fumer il y a peu mais pour de bon ; mais je suis attaché aux plaisirs simples et concrets et j’abuse du chocolat ou coca-cola au quotidien, tandis que le vin, la bière et les plats plus ou moins fins sont mon grand plaisir, entre amis. Je ne suis pas un buveur ni un gastronome solitaire.

  4. Ce qui explique que j’adore faire la cuisine : étudier une recette, acheter les ingrédients, imaginer les mélanges de saveurs, l’apparition des odeurs et des couleurs, tenir sur le feu ou réserver plusieurs choses en même temps, s’appliquer lentement à faire prendre une sauce en un quart d’heure puis, immédiatement après, saisir une viande en une ou deux minutes : toute une alchimie des préparations, que j’adore. Mais je ne cuisine jamais pour moi seul, je n’aime me mettre aux fourneaux que pour les autres. Moi-même, comme beaucoup de gâte-sauces, je mange les odeurs de préparation et je n’ai plus très faim quand tout est servi ! J’aime faire la cuisine, comme beaucoup de médiévistes (d’historiens ?) : c’est, par certains côtés, le même métier.

  5. Un autre trait commun avec quelques médiévistes éminents et très sérieux de mes amis : les bandes dessinées. J’ai appris à lire dans les bédés. La bédé belge évidemment, celle du Lombard et de Dupuis d’abord : les comics américains style Picsou magazine ou la bédé française alors balbutiante et pour moi bien palotte (à part celle de Dargaud, Pilote…) d’il y a trente ans : tout cela ne m’attirait guère. Entre cinq cents et mille bédés de cette époque glorieuse sont réunies ainsi chez mes parents –j’avais abandonné les achats voici un peu plus de dix ans, là j’ai repris depuis trois ans et j’en suis très heureux, je complète mes vieilles collections, j’en découvre de nouvelles et notamment la bande dessinée française toute fraîche qui contient bon nombre de trésors… Je suis toujours abonné à Spirou, dont mes parents et moi avons toute la collection depuis presque quarante ans ! Hélas, par ailleurs, combien de machins sans valeur dans les librairies, combien de pauvres livres où le lecteur subit des scénariis minables ou des dessins sans art ? Et combien de blogs de dessinateurs, où cotoient de belles réussites à côté d’ados gribouilleurs qui se pensent grands artistes –mais, à leur décharge, je suppose que j’aurais fait la même chose : moi aussi j'ai dessiné des planches et des planches de bande dessinée... hélas disparues dans un grand nettoyage des greniers parentaux!

A qui le tour maintenant ? A Ex-tirp (parce qu’il aime bien ça), à Phersu (pour pouvoir le reconnaître dans une des sept saintes salles !), à Le Plume (ça fait longtemps), à Veuve Tarquine (ça fait longtemps aussi !), à Cramoisi (qui pratique un séduisant système minimaliste de blog que n’aurait pas renié Pérec) ?

Par zid dans Mes histoires de médiéviste 27 janvier 2007 14:02:48
(5) commentaires Ajouter un commentaire

Commentaires

nicolas 27 janvier 2007 16:02:23
Dans un premier temps je me suis dit « étudiant en 1990 ? C'est marrant je le voyais plus vieux ». Avant de réaliser que tu es sans doute vieux comme je le pensais, mais que c'est moi qui était plus vieux que ce que je croyais. Merde alors.
zid Site 27 janvier 2007 18:23:24
Nico > non non, c'est la diplomatique, ça donne des cheveux blancs. Boh, 1990; ça ne fait que gnegnegne ans. 10 ans. 15 ans. enfin, 16. Non, pas encore 17 ?!? Qu'importe! quand on aime, on ne compte pas!
Bernardo Guidonis 28 janvier 2007 11:07:40
De la bière belge, un peu de football, de la bande dessinée belge (encore...), quelques bons plats et quelques flacons de vin... un programme agréable. Si tous les médiévistes avaient ces orientations, nous rigolerions plus dans nos rencontres, séminaires et colloques.
extirp Site 28 janvier 2007 16:30:25
Voilà c’est fait, cher Zid, la chaîne continue : http://www.extirp.net/?2006/03/22/quatre-choses
extirp Site 28 janvier 2007 16:32:23
Damned : je me suis trompé de chaîne ! il fallait lire : http://www.extirp.net/?2007/01/28/cinq-choses

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